Réservoirs environnementaux des Bactéries Productrices de Carbapénémases

Réservoirs environnementaux des Bactéries Productrices de Carbapénémases

Le rôle de réservoirs de bactéries résistantes aux antibiotiques dans le risque de contamination d’un nouveau patient hébergé dans la chambre du patient précédent colonisé ou infecté par une bactérie productrice de bêtalactamases à spectre élargi a été bien démontré. Ce risque est proche de 2 pour le nouveau patient « naif » par rapport à celui encouru s’il est accueilli dans une chambre d’un patient non infecté. Ceci est d’autant plus redoutable pour les bactéries Gram négatif (BGN) productrices de carbapénémase (BPC) qui représentent un problème croissant de santé publique à l’échelle mondiale. Aussi le nettoyage quotidien et à la sortie avec une désinfection terminale est fondamental pour éviter la persistance de la souche dans un réservoir.

Afin de cibler ce nettoyage, l’équipe de Montpellier a effectué une étude de la contamination des surfaces dans les chambres de 32 patients isolés car porteurs ou infectés par une BPC. Cette contamination a été évaluée par écouvillonnage (2677 prélèvements), culture et identification par un appareil Maldi-Tof. Sur 238 BPC isolées, les plus souvent retrouvées ont été Klebsiella pneumoniae (100), Acinetobacter baumannii (59) et Enterobacter cloacae (57). Le taux de contamination des chambres variait de 0% à 31%, ni lié aux espèces de BPC, ni au stade porteur ou infecté des patients, ni au type de service. Les catégories de surfaces présentant les plus forts taux de contamination étaient le mobilier (30%) et les points d’eau (26%). La diffusion ne semble donc dépendre que de la souche bactérienne et pas de l’espèce. Parmi les 91 surfaces contrôlées, 49 n’ont pas été contaminées alors que les surfaces les plus contaminées au niveau des points d’eau sont les siphons, les WC et le pare-douche qui sont autant de surfaces à risque.

L’entretien doit être rigoureux et, pour les chambres équipées de filtres au point d’usage, la possibilité de rétro-contamination, en particulier à partir du siphon qui est un réservoir quasi-constant de ce type de BGN ne doit pas être négligée. Ce siphon recueille en général les liquides de lavage lors des soins du patients et peut donc être considéré comme alimenté régulièrement en BPC. Il représente un réservoir pour lequel de très nombreuses solutions techniques ont été proposées pour lutter contre sa contamination, sans grand succès jusqu’à maintenant, sauf dispositif extrêmement onéreux. Ceci ne peut donc que renforcer les consignes d’entretien soigneux pour éviter la rétro-contamination des filtres au point d’usage.

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